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Combien de protéines par jour ? 0,83 g/kg, besoins selon le profil et excès à éviter

Eléonore Saint-Béat 9 min de lecture

Chez un adulte en bonne santé, le repère le plus simple est de viser 0,83 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour, soit souvent 0,8 à 1 g/kg/j. À titre d’exemple, une personne de 75 kg se situe autour de 60 à 75 g de protéines par jour. Ce chiffre reste un point de départ, car l’âge, l’activité physique, la grossesse, l’allaitement ou certaines maladies font varier les besoins.

Le bon calcul : partir du poids, puis ajuster au profil

La question “combien de protéines par jour ?” se résout d’abord avec une formule simple : poids corporel en kg × besoin en g/kg/jour. Pour une personne de 65 kg avec un repère à 0,83 g/kg/j, cela donne environ 54 g par jour. Pour 80 kg, on obtient environ 66 g par jour. Le calcul reste rapide, mais il doit ensuite être replacé dans le contexte de la personne, de ses repas et de son niveau d’activité.

Combien de protéines par jour : repères en grammes selon le profil et le poids
Combien de protéines par jour : repères en grammes selon le profil et le poids

Chez l’adulte, les protéines représentent généralement 10 à 20 % de l’apport énergétique total. Ce repère aide à garder une alimentation équilibrée. Augmenter les protéines ne doit pas se faire au détriment des légumes, des féculents de qualité, des bonnes graisses et des fibres. Si l’assiette devient trop centrée sur les protéines, le reste suit souvent moins bien.

Profil Repère quotidien Exemple pratique
Adulte en bonne santé 0,83 g/kg/j, souvent 0,8 à 1 g/kg/j Environ 60 à 75 g pour 75 kg
Personne de plus de 60 ans Environ 1 g/kg/j Repère utile pour préserver la masse musculaire
Enfant en bas âge Jusqu’à 2 g/kg/j Besoins élevés liés à la croissance
Adolescent Environ 1,2 g/kg/j Période de croissance et de développement
Grossesse Environ 10 g de plus par jour À intégrer dans une alimentation variée
Allaitement 15 g de plus par jour les six premiers mois, puis 10 g de plus les six mois suivants Besoin accru, mais pas illimité

Sportif : plus n’est pas toujours mieux

L’activité physique peut augmenter les besoins, surtout si les entraînements sont fréquents, longs ou orientés force, prise de muscle ou endurance soutenue. Mais la hausse doit rester proportionnée. L’Inserm rappelle que les protéines sont utiles à la masse musculaire, sans valider l’idée qu’il faudrait multiplier les apports sans limite dès que l’on fait du sport.

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Le plus utile est de regarder l’ensemble de la journée : quantité totale, régularité des repas, sommeil, apport en glucides et récupération. Un sportif qui mange peu ou saute des repas peut manquer de protéines. Un autre couvre déjà ses besoins avec une alimentation équilibrée. Le besoin se joue donc autant sur le contenu des repas que sur le total quotidien.

Pourquoi les protéines sont indispensables au quotidien

Les protéines ne servent pas seulement à construire du muscle. Elles sont constituées d’acides aminés, que le corps utilise pour fabriquer et renouveler ses propres protéines. Sur les 20 acides aminés utilisés pour synthétiser les protéines du corps, neuf acides aminés essentiels doivent être apportés par l’alimentation, car l’organisme ne sait pas les produire en quantité suffisante.

Environ 40 % des protéines du corps sont stockées dans les muscles, mais leur rôle ne s’arrête pas là. Elles participent à la structure des tissus, au transport de certaines molécules, à l’immunité, à la réparation et au renouvellement cellulaire. Un apport trop faible peut donc peser sur la masse musculaire, la récupération et l’état général, surtout chez les personnes âgées, les enfants en croissance ou les personnes qui mangent peu.

On peut voir l’organisme comme un bâtiment qui doit rester entretenu chaque jour. Les protéines apportent les éléments nécessaires aux réparations, aux remplacements et à la solidité de l’ensemble. Si l’apport est trop bas, le corps continue à fonctionner, mais il peut puiser dans ses réserves, notamment musculaires, pour assurer les priorités. D’où l’intérêt de répartir les protéines sur plusieurs repas plutôt que de tout concentrer le soir.

Besoin moyen, objectif personnel et état de santé

Deux personnes du même poids peuvent avoir des besoins différents. Une personne sédentaire de 70 kg, un senior actif, une femme enceinte et un pratiquant régulier de musculation ne sollicitent pas leur organisme de la même façon. Le besoin dépend aussi de la taille, de la masse musculaire, de l’appétit, du niveau d’activité et de l’état de santé.

En cas de maladie rénale chronique ou de suivi médical spécifique, les repères changent. Certaines personnes avec problèmes rénaux chroniques peuvent être orientées vers un apport autour de 0,8 g/kg/jour, mais cet ajustement doit être décidé avec un professionnel de santé.

Où trouver ses protéines sans compliquer ses repas

La plupart des personnes atteignent leur apport protéique quotidien avec des aliments courants. Les sources animales comprennent les œufs, les produits laitiers, le poisson, la volaille, la viande et les fruits de mer. À titre de repère, 100 g de poulet contiennent environ 22 g de protéines, et 100 g de poisson environ 20 g.

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Les sources végétales ont aussi leur place : lentilles, pois chiches, haricots, soja, tofu, tempeh, pois cassés, quinoa, céréales complètes, graines et oléagineux. Les protéines animales ont généralement une digestibilité supérieure et un profil complet en acides aminés essentiels. Les protéines végétales peuvent présenter des acides aminés limitants, mais cela se compense bien en variant les familles d’aliments sur la journée.

Exemple de journée simple autour de 70 g de protéines

Une journée équilibrée peut atteindre un bon niveau sans produit spécialisé. Par exemple : un yaourt grec ou du fromage blanc au petit-déjeuner, une portion de poisson ou de poulet au déjeuner, des lentilles ou du tofu au dîner, avec éventuellement une poignée de noix ou un œuf selon l’appétit. L’objectif n’est pas de peser chaque aliment à vie, mais de reconnaître les portions qui reviennent souvent dans son alimentation.

Pour un régime végétarien ou majoritairement végétal, l’attention porte surtout sur la variété : légumineuses, produits céréaliers, soja, graines et fruits à coque. Un bol associant pois chiches, semoule complète, légumes, yaourt ou tofu et graines apporte une réponse plus complète qu’un repas composé uniquement de pâtes blanches et de légumes.

Protéines en poudre : utiles dans certains cas, pas indispensables

Les protéines en poudre, comme la whey ou la caséine, sont des compléments issus du lait, la whey provenant notamment du lactosérum. Elles peuvent être pratiques pour certaines personnes : sportif avec entraînements rapprochés, appétit insuffisant, contraintes horaires, difficulté à atteindre les apports par les repas.

Mais elles ne sont pas supérieures par principe à une alimentation bien construite. Un shaker n’apporte pas la même richesse nutritionnelle qu’un repas contenant aussi fibres, vitamines, minéraux, glucides complexes et lipides de qualité. Avant d’acheter une poudre, il vaut mieux additionner ce que l’on mange déjà sur une journée ordinaire.

Quand envisager un complément ?

Un complément peut se discuter si l’écart est réel et régulier. Par exemple, une personne qui vise 70 g par jour mais n’en consomme que 45 g malgré des repas structurés peut avoir intérêt à ajuster son alimentation, puis éventuellement à compléter. À l’inverse, quelqu’un qui consomme déjà œufs, produits laitiers, poisson, viande ou légumineuses à chaque repas n’a pas forcément besoin d’ajouter une dose de whey.

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Il faut aussi se méfier des promesses marketing. Les protéines soutiennent la réparation et l’entretien musculaire, mais elles ne remplacent ni l’entraînement, ni le sommeil, ni l’équilibre énergétique. Sans sollicitation musculaire adaptée, ajouter de la poudre ne crée pas mécaniquement plus de muscle.

Excès de protéines : les limites à ne pas banaliser

Consommer davantage de protéines sur une période courte n’est pas forcément problématique chez une personne en bonne santé, mais l’excès prolongé mérite de la prudence. Les limites maximales de sécurité sont souvent situées autour de 2 à 2,5 g/kg/jour. Au-delà, l’intérêt nutritionnel devient discutable et la charge pour l’organisme augmente.

Les excès prolongés peuvent solliciter le foie, l’intestin et les reins. Le métabolisme des protéines produit notamment de l’ammoniaque, que l’organisme doit détoxifier ; chez une personne en bonne santé, cela peut représenter environ 5000 mg d’ammoniaque par jour. Lorsque les apports deviennent très élevés, cette gestion métabolique peut devenir plus contraignante, surtout chez les personnes vulnérables.

Les signaux qui doivent faire reconsidérer ses apports

Des troubles digestifs, une fatigue inhabituelle, une soif importante, une alimentation qui devient très déséquilibrée ou l’élimination de groupes alimentaires entiers sont autant de signaux à prendre au sérieux. Le risque n’est pas seulement de manger trop de protéines, mais de manger moins bien : pas assez de fibres, trop peu de fruits et légumes, manque de glucides pour l’activité physique, ou excès de produits ultra-transformés enrichis.

Le repère le plus sûr reste simple : partir de 0,83 g/kg/j chez l’adulte en bonne santé, ajuster selon le profil, privilégier les aliments courants et réserver les compléments aux situations où ils répondent à un vrai besoin. En cas de maladie rénale, de grossesse, d’allaitement, de perte de poids importante, de vieillissement fragile ou de pratique sportive très intense, un avis médical ou diététique permet de personnaliser l’apport sans prendre de risque inutile.

Eléonore Saint-Béat
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